samedi 3 novembre 2012

JE


A tous les sans grade, les sans nom, les centurions du trottoir,
A tous les sans amis, les sans-abris, les sangs bannis,
A tous ceux que la chance aura ignorée,
A tous ceux que la malchance aura sacrifiée,
A tous ceux que Dame Nature aura mis de côté,
Je voudrais dire que moi aussi j’habite, 
66 rue des Laissés Pour Compte,
Dans la ville de Sombre-Grenier,
Là ou je réside, là ou je demeure, là ou je meurs,
Un peu plus chaque jour,
A petit feu de froideur,
Dans la tourmente et la solitude,
De l’ennui des minutes et du temps,
D’un sans vie.

Et c’est dans mes écrits du néant de mon existence,
Que je raconte le vide sans fin qui me hante de ses chaînes immenses,
De cet azur sombre où il rit de moi,
Où le tonnerre gronde d’un rire profond,
Ou dessine d’un éclair audacieux,
Les traits d’une fille au visage angevin,
Fée de nuages et de rêves sans fin,
Inaccessible silhouette à ma honteuse image,
Recourbés sur elle par peur de l’ombrage,
Mais à peine  l’ai-je aperçue,
Que le soleil réapparut,
Effaçant ses traits d’une gomme céleste,
Balayant d’un geste mon espoir,
Qu’elle reste… 

@Gebel de Gebhardt Stéphane.
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